Plaidoyer pour un G5, un réseau des grandes villes belges (by guests)

Un collectif de signataires (*)

Les réseaux urbains ont la cote. Ils ne sont pourtant pas neufs. Du temps des « Hanse », des États urbains des villes du nord de l’Italie ou aux moments de gloire de l’industrie du textile anglais et flamand, le réseau urbain était le moteur du développement économique et financier en Europe.

Par la suite, les pays ont d’une certaine façon nationalisé les villes et les rapports « inter-nationaux » ont repris les relations commerciales. Aujourd’hui, l’essor économique est à nouveau lié à l’urbanité. La mondialisation passe par des routes se nouant dans les aires métropolitaines. Et cet « espace des flux » a une autre dynamique que les rapports entre pays. Les réseaux urbains y prennent une place centrale, comme le montre le sud de la Grande-Bretagne, le « Randstad » hollandais, la Ruhr ou l’Italie du nord.

Les villes ont donc besoin de renforcer leurs positions en se mettant en réseau. Cela se fait au niveau européen, pour le lobbying ou la défense d’intérêts communs. Cela se fait aussi localement, à travers la collaboration des villes et des communes d’une même région. Pensons aux collaborations transfrontalières à Lille-Tournai-Courtrai ou à Maastricht-Hasselt-Liège-Aix-la-chapelle. L’Union des Villes et des Communes existe dans les trois régions, mais n’est pas spécialement orientée vers les problèmes urbains.

Nos grandes villes croissent, mais trop de jeunes ménages avec enfants quittent ou évitent la ville. La plus grande part du PIB est produite dans les villes, mais le revenu moyen des habitants reste en dessous de la moyenne. Le développement des fonctions urbaines et le bon accueil des usagers comportent des défis spécifiques. En plus, la nébuleuse urbaine s’étend au-delà de la frontière des villes. Que de raisons pour porter une attention spécifique à la problématique des grandes villes.

Aux Pays-Bas, il y a le réseau des G4 : Amsterdam, Rotterdam, Utrecht et La Haye collaborent comme une communauté d’intérêts. Ensuite, 23 villes plus petites forment une autre grande assemblée, le G23. Il semble évident que des villes similaires ont tout intérêt à se concerter et à échanger des connaissances et des expériences.

C’est pour cette raison que nous devons absolument réfléchir à l’utilité d’un G5, un réseau belge entre les métropoles de Liège, Charleroi, Bruxelles, Gand et Anvers.

On pourrait penser qu’un tel réseau n’a pas beaucoup de sens puisque la tutelle de la politique des villes est régionale. Mais des compétences comme la sécurité, la migration ou encore la fiscalité restent, jusqu’à nouvel ordre, fédérales. D’autre part, des connexions spécifiques existent entre Charleroi et Gand, Liège et Anvers, ou encore dans l’axe nord-sud Anvers-Bruxelles-Charleroi, etc. Il y a donc matière à se concerter pour développer cette complémentarité. On peut avoir des échanges au niveau politique ou administratif. Cela aide aussi pour la défense des intérêts.

Il semble qu’il y aura bientôt une décision sur les moyens actuellement gérés par la politique fédérale des grandes villes. Pourquoi ne pas garder une partie de ces moyens pour un G5 ? Celui-ci ne doit pas s’ériger en une nouvelle institution. De fait, les réseaux sont par définition légers et flexibles. Dès lors, le G5 pourrait être un programme relativement léger, comportant un centre de connaissances axé sur des études comparatives et un fonds pour la défense des intérêts communs ou encore proposer des initiatives de mise en contact à des niveaux différents.

Ce plaidoyer pour un G5 est indépendant des disputes intercommunautaires ou des débats sur une régionalisation des compétences. Il part d’une vision pragmatique sur une amélioration de la situation sociale, économique et culturelle de nos grandes villes. Les rapports existent déjà et il serait utile de les activer. Ne serait-ce que pour contrer l’image anti-urbaine de la ville, vue comme « répugnante », et d’améliorer le bien-être de nos citadins.

(*) Sven Gatz, député Open VLD ; Eric Corijn, professeur à la VUB, directeur de Cosmopolis. Avec les mandataires : Els Ampe, Open VLD ; Mathias De Clercq, Open VLD ; Olivier Deleuze, Ecolo ; Michel Firket, CDH ; Muriel Gerkens, Ecolo ; Yamila Idrissi, SP.A ; Zakia Khattabi, Ecolo ; Eric Massin, PS ; Yvan Mayeur, PS ; Jacky Morael, Ecolo ; Freya Piryns, Groen ! ; Jan Roegiers, SP.A ; Françoise Schepmans, MR ; Luckas Vander Taelen, Groen ! ; Sas van Rouveroij, Open VLD ; Mieke Vogels, Groen ! ; Filip Watteeuw, Groen ! Avec les professeurs : Maria De Bie, UGent ; Patrick Deboosere, VUB ; Stefan De Corte, EHB ; Bernard Declève, UCL ; Pascal De Decker, Hogeschool Gent ; Filip De Rynck, Hogeschool Gent ; Jean De Salle, Cooparch ; Bernard Francq, UCL ; Jean-Louis Genard, ULB ; Michel Hubert, FUSL ; Serge Jaumin, ULB ; Christian Kesteloot, KUL ; André Loeckx, KUL ; Maarten Loopmans, KUL ; Stijn Oosterlinck, UA ; Hendrik Pinxten, UGent ; Philippe Scieur, Fucam ; Patrick Stouthuysen, VUB ; Erik Swyngedouw, U. Of Manchester ; Luc Vancampenhout, FUSL et UCL ; Philippe Van Parijs, UCL.

 

(Source: Le Soir, Mardi 16 novembre 2010

http://archives.lesoir.be/carte-blanche-plaidoyer-pour-un-g5-un-reseau-des_t-20101116-014Q5V.html?query=corijn&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=corijn&pos=1&all=50&nav=1)

 

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